Le printemps est arrivé plus tôt que prévu à Montréal, je profite de cette occasion pour saluer le retour du soleil en vous emmenant à Cuba, pays doté d’un riche patrimoine culturel dont les plus connus sont le rhum, le cigare ou encore la salsa ! L’île située au sud de la Floride dans les Antilles a été découverte par Christophe Colomb en 1492 et fût une colonie espagnole jusqu’à son indépendance en 1898.

La neige et l’hiver semblaient s’éterniser, le Sud et son soleil étaient donc une opportunité. Il m’était difficile de quitter le continent américain sans avoir visité Cuba, une destination qui m’intrigue de par son histoire et son architecture. On a tous vu des images à la télévision de Cuba avec ses vielles voitures américaines des années 50 et ses constructions connues pour être peu esthétiques. Je voulais découvrir de mes propres yeux cet environnement atypique et en apprendre davantage sur l’Histoire du pays qui pourrait partiellement expliquer cette étrange atmosphère.

A peine débarqué à La Havane, je suis resté admiratif devant l’architecture (et la chaleur, bien sûr!). On aurait presque l’impression que le monde s’est arrêté de se développer matériellement à partir des années 50-60 ! L’écrasante majorité des bâtisses est toute dégradée par le temps et aucun entretien ne semble être en cours. Les voitures aussi ne sont pas d’un renouveau moderne. Ça doit être un des rares pays au monde où l’on peut voyager dans le temps ! Cependant, la pauvreté est flagrante, bien que l’éducation et la santé soient très bonnes et entièrement gratuites. Ça a été une de mes grandes surprises, Cuba est le pays d’Amérique centrale et latine qui compte le plus de médecins. Beaucoup d’entre eux sont envoyés à l’étranger pour soutenir les autres pays en échange de matières premières telles que le pétrole.
Infos pratiques pour les futurs touristes de l’île, sachez que deux monnaies officielles sont en circulation ; les pesos cubains et les pesos convertible (CUC) pour les touristes. Ce dernier a la même parité que le USD et vaut environ 24 fois le pesos cubains. Inutile de garder vos CUC à la fin de votre séjour car ils n’ont aucune valeur à l’étranger, gardez juste 25 CUC/personne pour la taxe aéroportuaire lors de votre retour. Les commerçants acceptent aussi le USD en général. Même avec les prix en CUC, je trouve que le coût de la vie pour les touristes reste quand même relativement faible (comptez environ 7 CUC pour un bon repas en ville). Gardez quelques pièces dans vos poches car vous serez régulièrement sollicités par des Cubains dans les zones touristiques. Vous êtes une cible facile ! 1 ou 2 CUC suffiront, sachant que le salaire mensuel moyen est d’environ 15 CUC.
La révolution cubaine de 1959 fait partie intégrante de l’Histoire et du paysage. Ernesto Guevara (dit le « Che »), natif argentin et compagnon d’armes de Fidel Castro est partout, comme un symbole de fierté de Cuba. Il faut rappeler que cet évènement a considérablement changé le cours de son histoire, passant d’une République corrompue et autoritaire à un régime aux idées marxistes. En réponse aux nombreuses nationalisations, le pays subit un important embargo dont celui des Etats-Unis, toujours en vigueur aujourd’hui. C’est assez intéressant de comprendre cet épisode de son histoire, car bien que les pays occidentaux considèrent Cuba comme une dictature aux idées dangereuses, les Cubains eux voient leur Révolution comme une « libération » de la corruption et d’une avancée sociale majeure (plusieurs grandes réformes sur l’éducation ou la santé par exemple).

La Havane est divisée en plusieurs quartiers dont La Habane Vieja (la vielle Havane), Centro Habana (le centre) et Plaza de la Revolucion.
La vieille Havane est pour moi la partie la plus intéressante non seulement pour son caractère historique mais aussi parce qu’elle contient plusieurs musées et représente une excellente place pour se balader et profiter de la douceur cubaine citadine. On y trouve le Musée du Rhum (avec guide en Espagnol, Anglais et Français), des fabriques de cigares visitables mais aussi des forteresses construites pour se prémunir des attaques de pirates datant de l’ère coloniale. Le plus connus d’entre elles est la Castillo de la Real Fuerza située à l’entrée de la Baie de la Havane au bout du San Pedro malecon, mais on y trouve aussi la Castillo de los Tres Reyes (cf. première photo) située sur l’autre rive.

La Plaza de la Revolucion est une très grande place réservée aux évènements marquants du pays tels que des rassemblements de concert ou de meetings politiques. On y trouve d’importants édifices tels que le célèbre mémorial José Marti (héro national, combattant de la guerre d’indépendance), tour en forme d’étoile à cinq branches qui s’étend sur 109m de haut et qui offre une excellente vue panoramique de la ville. Face à lui, on y trouve le Ministère de l’Intérieur avec en portrait géant Che Guevara et ses célèbres derniers mots à Fidel Castro « Hasta la victoria siempre » (Jusqu’à la victoire, toujours) ainsi que le Ministère des Télécommunications. On notera ici que la place prépare la visite du Pape prévue aujourd’hui (26 Mars).

Autre chose qui m’a surpris lors de ma découverte de la ville, c’est el Capitolio (le Capitole). Il se trouve dans le Centro Habana. Bien que la ressemblance soit frappante avec le très célèbre Capitole américain (cf. article sur Washington), son architecte Raynieri prétend s’inspirer du Panthéon parisien… Le Capitole était le siège du gouvernement avant la Révolution, puis est transformé en Academia de Ciencas de Cuba (Académie des Sciences de Cuba).

Cuba est une destination originale très prisée en hiver par les Canadiens qui constituent près de la moitié des touristes. On y trouve aussi beaucoup de Mexicains et d’Espagnols, mais aussi quelques Français. Avec son climat de rêve et sa chaleur humaine dans un cadre pour le moins original, cette destination plaira à ceux qui veulent faire tomber les préjugés à la Havane, et profiter des superbes plages cubaines qui conservent jalousement leur caractère naturel.
Henri Lim